21-1: Le chat est une particule 2




Vous n’avez pas eu de chance, cela dit. Outre le fait que vous êtes mort quasi vaporisé (à vrai dire c’est à peine si les équipes de secours purent récupérer, de ce corps qui fut vous : la moitié d’un œil) à cause d’un bête incident technique (« un défaut fatal de conception », s’excusera la compagnie aérienne), vous n’avez pas eu de chance du tout.  

Car vous n’êtes pas tombé, dans cet avion qui scella votre destin, sur n’importe quel binôme de physiciens quantiques ; la plupart des physiciens quantiques aurait fait comme vous : ils auraient paniqué, gesticulé, crié « Maman » ou pensé très fort à crier « Maman », se seraient battus avec leur gilet sauvetage tout en sachant très bien que ça ne changerait rien à l’affaire en fin de compte qu’ils parviennent ou non à l’enfiler, puis auraient trouvé que c’était tout de même injuste, terriblement injuste, cette histoire d’avion qui perd brusquement de l’altitude, dont le pilote perd le contrôle, qui se fracasse et se transforme en torche énorme, après tout ils n’avaient trompé leur femme qu’une fois, à Hawaï, dans les années 70, est-ce  que ça justifiait que leur existence connût pareil dénouement ?...

Non, bien sûr que non. Personne ne mérite de finir pulvérisé/carbonisé sous prétexte d’avoir trompé sa femme (en plus c’était au début) une fois, à Hawaï, dans les années 70. Personne.

Les physiciens quantiques, dans une large majorité, peuvent en fait être considérés comme vous et moi: comme des êtres humains. On peut leur serrer la main, sans devoir aussitôt s’asperger les nôtres (de mains) avec une solution hydro-alcoolique puis se les frotter vigoureusement pendant au moins trente secondes. On peut leur dire « Bonjour, Buddy » comme on dirait « Bonjour, Buddy » à n’importe quel type que l’on croise dans la rue. On peut boire un café avec eux, et commenter les résultats de l’Olympique comme on le ferait avec n’importe quel collègue. On peut aussi plaisanter avec eux, un petit peu, à l’occasion, voire les charrier. « Toi, tu es un cérébral, hein ? Toujours dans la lune, hein ? ». Oui, on peut leur dire ce genre de trucs, ils ne le prendront pas mal, ils savent qu’on dit ça histoire de dire, que ce n’est pas pour critiquer et que d’une certaine façon, même si on ne comprend rien à ce qu’ils font au juste comme taf, on les admire confusément, ils ont à voir avec l’univers, avec les secrets, avec l’occulte du cosmos.

Eux donc, ça va. Parce que ce sont des physiciens quantiques orthodoxes. Ils croient en des trucs qui dépassent le commun, mais ils ne cherchent pas non plus tout le temps à franchir les bornes de l’inconcevable. 

Parution Guide de la poésie galactique

Le Guide de la poésie galactique est disponible à partir de là tout de suite chez Gros Textes. 
Il y est question de poulpes, de Lagavulin et de colonne vertébrale.
La couverture est de mézigue + Ernestine Dupont-Meyrolles.


Pour en avoir un il faut soit comme d'habitude me croiser dans la rue, 

soit: 

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Gros Textes 
Fontfourane 
05380 Châteauroux-les-Alpes 
(Chèque à l’ordre de Gros Textes)


 

10-1: Le chat est une particule I



Voilà comment les choses se sont passées : deux physiciens quantiques prennent l’avion, le même vol que vous : à mi-route les moteurs se mettent à tousser, s’arrêtent, prennent feu, dans leur sillage s’étirent très vite de longs panaches noir-charbon, l’avion va piquer du nez, direction droit dans la mer ou le sol, suivant où vous vous trouvez, c’est-à-dire au-dessus de quoi vous vous trouvez, n’importe comment à ces vitesses l’eau est pareille au granit, là un masque à oxygène vous dégringole sur le front comme un diable fatigué sortant piteusement d’une boîte de farce et attrapes chinoise, vous cherchez à tâtons votre gilet de sauvetage au cas où, bien que vous sachiez parfaitement qu’il n’y a jamais de survivants dans les crash aériens, à part des fois des petites filles de huit ans, et pendant tout ce temps qui n’est qu’un maigre bouquet de secondes, du coin de l’œil, machinalement, vous observez que les physiciens quantiques, eux, n’ont fait aucun geste précipité, qu’ils ont l’air parfaitement décontracté, l’idée même de catastrophe aérienne glisse sur eux telle une goutte chaude, solitaire, sur  la toile d’un parapluie qui en a connues d’autres.

Chute dans le vide. Impression que votre estomac embrasse vos poumons. Vous pensez à votre mère. Bruit d’arrachement horrible, organique. Comme si un individu monstrueux vous déchirait le bras : ce genre de bruit. Par le hublot les ailes qui se décrochent, disparaissent, englouties par l’ailleurs. Dépressurisation. Vous n’avez plus qu’une envie qui est de dire « Maman ». Même tout bas. De sentir le nom « Maman » passer vos lèvres. Mais vous n’osez pas. Peur du ridicule. Or ce qui est ridicule, en réalité, c’est de ne pas oser, puisque vos derniers instants sont arrivés. Allez-y, criez un bon coup « Maman ». Si c’est de ça dont vous avez envie. Ou « Papa ». Ou « Félicia », si « Félicia » est le nom de votre fille. (Vous avez toujours eu mauvais goût en prénoms). Allez-y. Hurlez si ça vous fait du bien. Pour une fois lâchez-vous.

De toute façon ça n’empêchera pas l’avion de plonger vers le sol ou l’océan ni le premier physicien quantique de demander à l’autre physicien quantique « Crois-tu que nous allons nous en sortir ? » en portant lentement un verre de whisky à ses lèvres, imperturbable comme pas deux, alors qu’autour tout n’est que cris de terreur ou colère (« qu’ai-je fait pour mourir maintenant ? », « fils de pute de Dieu », « fils de pute de pilote »), objets volants létaux (les téléphones portables abandonnés deviennent des armes aléatoires et mortelles), hôtesses de l’air exsangues, enfants prostrés, dames d’un certain âge marmonnant très vite des prières.

« Sans aucun problème », répond l’autre physicien quantique qui sirote avec autant de calme que son confrère une liqueur pâle-verte, du martini sans doute, et se contente de rentrer la tête dans les épaules lorsqu’un bagage à main tente de le scalper.

Ce « Sans aucun problème » prononcé d’une voix monocorde vous fait comprendre que les physiciens quantiques ne sont pas des gens comme nous, ne sont pas des gens comme tout le monde, ne sont pas des gens. Et même : qu’ils ne sont pas des êtres humains. Pas tout à fait. Pas au sens classique du terme.

Vous avez toujours envie de hurler « maman », mais vous n’osez toujours pas. Au lieu de quoi vous enfilez votre gilet de sauvetage en ayant conscience de l’absolue futilité de ce geste : après impact, il ne restera sans doute pas plus de dix pour cents de votre masse corporelle pour nager le crawl.  

Le physicien quantique (le deuxième, celui qui a parlé en dernier) repose son martini (ou breuvage approchant) sur sa tablette.

Il ajoute, avec un rictus futé :

« Inutile de se mettre la rate au court-bouillon. Il existe quantité d’univers où nous ne sommes même pas montés dans cet avion. »

A peine a-t-il fini sa phrase que tout s’éclaire, et tout part en fumée.

5-1: monstre trois: LAFUMA





Sortant de l’école où je suis venu chercher mon fils, se démarquant distinctement de ses petits camarades par son allure et sa silhouette, un enfant hideux court vers nous, les parents rassemblés devant le portail, assez vite malgré le cartable trop lourd de marque française LAFUMA – fabricant français pionnier du matériel de sport en plein air – qui lui fait sur le dos comme une bosse gigantesque et invalidante ; son nez, ne puis-je m’empêcher de noter, ne se situe pas au milieu de sa figure, ainsi qu'il est commun, mais bel et bien en lieu et place de l’œil droit, ce qui produit sur moi un effet proprement révulsif – et si l’on ajoute à cela le fait que, reconnaissant son père (parfaitement normal, lui, dans le genre italien : chaussures bicolores, pantalon gris rayé, veste de costard élimé juste ce qu’il faut, cheveux plaqués au crâne par la brillantine, allumette au coin des lèvres signalant qu’il tente de s’affranchir d’une addiction au tabac), ledit enfant ouvre, pour sourire, une bouche qui ne contient aucune dent, mais des parodies de dents entièrement dépourvues d’hydroxyapatite – ce minéral dont se compose d’ordinaire les dents – qui font penser à de petits doigts boudinés et disgracieux davantage qu’à des dents, à de minuscules doigts grossiers d’obèse ordonnés en deux obscènes double rangées, alors on comprendra bien le pas en arrière que je fis, et ma répugnance, et mon alarme : fallait-il, vraiment, qu’on autorisât cette créature abjecte, cette caricature d’écolier, à fréquenter le même établissement scolaire (groupe scolaire « Louis Pasteur ») que mon fils ? Était-il dieu permis que mon fils apprît le calcul, le dessin, la géométrie, la flûte à bec et les tables multiplicatrices en compagnie de cette aberration pseudo-humaine ? Et comment se pouvait-il, de nos jours, avec les progrès effarants de la médecine moderne et le développement et la sophistication de l’emploi des ondes à des fins de détection des anomalies, qu’on laissât sortir un être à ce point taré d’un ventre de femme ? Enfin, surtout, que penser de cet homme, le père, avec ses manières et sa vêture de mafioso, qui au moment où je vous parle laissait son fils lui sauter dans le bras comme le ferait n’importe quel père avec n’importe quel fils ? Ne devait-on pas le taxer, cet homme, de criminel? Ou au moins de déviant ? Car à quoi tout cela rimait-il ? Tout ce cirque ? Dans quel but avait-il pu tolérer que sa progéniture dégénérée croisse jusqu’à atteindre, à vue de nez, l’âge de mon propre fils (une huitaine d’année), sinon dans le but narcissico-sadique suivant : afin de posséder, près de lui, sous le coude, pour le restant de sa vie, une façon de copie-monstre de lui-même, sorte d’affreux faire-valoir filial vers lequel se retourner quand, écœuré de son propre déclin physique, il ressentirait le besoin de voir quelque chose qui lui ressemble, air de famille oblige, mais en toujours plus atroce ?  

4-1: monstre second: GLOCK




Ils n’ont pas admis qu’ils avaient tort, qu’ils s’étaient trompé de gusse, résultat des courses je me suis retrouvé en un rien de temps – l’espace d’une mini-seconde ou d’un demi clin d’œil – nu dans un de ces petits garages où l’on peut entreposer des meubles entre deux déménagements ou cacher des armes d’assaut, nu et adroitement ligoté par mes tripes et cheveux, les nœuds étaient solides, à croire qu’ils savaient ce qu’ils faisaient ou du moins qu’ils avaient l’habitude ou voyaient en tout cas comment procéder. Mais non, puisqu’ils se posaient des questions de base entre eux comme « qu’est-ce qu’on fait ? », « ce serait pas mieux s’il était plus petit ? », « est-ce que quelqu’un aurait du feu ? », ils ne devaient pas être tout à fait des professionnels (les professionnels ne se posent jamais ce genre de questions, c’est ce qui les distingue), d’ailleurs ma perplexité à ce sujet disparut telle un petit nuage de fumée aspiré par une gorge quand je vis l’un d’entre eux, l’un de ces individus kidnappeurs, retirer son visage qui n’était qu’un masque pour laisser place à un autre visage qui était le sien véritable et monstrueux, difforme et envahi de mille et mille orifices douteux, geste qui ne manqua pas de me rappeler celui d’une actrice américaine dans une série de télévision je crois des années quatre-vingt arrachant à la fin du premier épisode sa cagoule de camouflage en peau de blonde humaine et révélant un faciès reptilien, impitoyable et cruel, ce qui signifiait qu’elle n’était pas la blonde qu’on pensait mais une extraterrestre infiltrée parmi nous dont l'objectif caché ultime était de tout mettre en oeuvre pour que sa race supplante l’humanité et conquière la terre – sorte d’anticipation science-fictive de série bis sur la théorie du grand remplacement des occidentaux du tertiaire par le prolétariat international indifféremment arabo-chinois ou sino-arabe – : ainsi, je compris qu'étant des monstres, ces gars s'en fichaient complet, comme de leur première chaussette, de passer ou non pour des professionnels.


Nu, lié par les tripes et les cheveux, une boule de mes propres mèches m’obstruant la bouche, un anneau très serré de mes propres viscères m’entravant les poignets, je ne pus pas faire grand-chose lorsque le monstre démasqué s’approcha de moi et sortit de sa gabardine grise un Glock 17, arme de poing d’une fiabilité sans faille conçue par la marque éponyme autrichienne GLOCK, qu’il appliqua contre ma tempe et dont l’extrémité du canon imprima dans ma chair temporale une manière de cercle dégénéré ou d’ovale pré-létal. « Si ce n’était pas lui ? », demanda l’un des monstres non démasqués, d’une voix sans doute contrefaite d'homme d'une quarantaine d'année; en guise de réponse agacée une langue bifide surgit de l’un des mille et mille orifices pointillant la figure du monstre démasqué puis s'agita un bref instant dans les airs, y traçant une série de symboles occultes: surgissement lingual bipartite et symboles aériens qui ne pouvaient signifier, selon mon pressentiment, qu’une seule chose, à savoir : « Tant pis, ce ne sera pas la première fois qu'on se trompe de client ».     


La suite, tout le monde la connaît.



3-1: une lettre



Ma chérie, mon sucre roux, ma tendre et souple,



J’espère que cet enterrement se passe bien. Comme je regrette de ne pas être avec toi à l’heure, à la minute, au moment où j’écris cette lettre ! Je sais : je pouvais venir, tu m’as dit que je pouvais venir, tu as insisté pour que je vienne. Car c’eût été une occasion (tout de même assez lugubre ! – tu n’en disconvenais pas) de rencontrer ta famille. Mais il m’est vraiment très difficile, pour des raisons que tu connais, liées à ma condition physique et à ma condition mentale, de quitter longtemps mon appartement, mon quartier, ma ville. Tu me manques terriblement. J’aperçois le matin, en me réveillant, la forme fantôme de ton corps sur le matelas et des larmes me viennent aux yeux puis me rayent les joues puis suivent la ligne de ma mâchoire inférieure puis se perdent plus bas (sans doute poursuivent-elles ensuite leur course : cou, torse et plexus, puis l’abdomen et le pubis, l’aine et la cuisse, la colline un peu raide du genou, une glissade le long du tibia ou du péroné, puis cheville et tarse, métatarse, ongle de l’orteil – et fin du voyage).
Ensuite je bois mon café trop vite, je me brûle la langue et je ne pense qu’à toi. Ton absence déboussole toute la ville. Les gens ont de ces regards éteints ! Le boulanger vend ses baguettes sans un bonjour ni un sourire (il n’a plus du tout l’air content de vendre des baguettes), le cantonnier a cessé de siffloter les grands succès du music-hall des dernières décennies (au lieu de quoi il fixe le ciel ou quelque chose de vague dans le ciel, accroché à son balai comme un petit vieux à sa canne – à moins qu’il n’observe plutôt les pigeons, qui sont devenus étrangement agressifs entre eux depuis ton départ, il n’est pas rare d’en voir un le bec plein de sang et un autre l’œil arraché), la dame du métro (la dame que je croise souvent au métro et qui me demande toujours si ça va alors que nous ne connaissons pas) ne me demande plus si ça va. Les gens ont de ces regards éteints.
Et les immeubles se tassent sur eux-mêmes, au point que certains donnent l’impression d’avoir perdu un ou deux étages. Et le vent est devenu acide, soufré. Et les chiens cherchent à s’étrangler avec leur laisse – quand ils ne mangent pas les déjections laissées au sol par les autres chiens. Rien ne va sans toi. Je t’ai déjà dit que tu me manquais mais je le dis encore. Je voudrais que tu reviennes vite. Préviens-moi quand tu reviens, donne-moi le numéro du train. J’irai te chercher à la gare, par amour, bien ce soit une épreuve pour moi les gares, les quais de gare, la foule sur les quais des gares. 
   
As-tu bien jeté une petite bille rouge dans la tombe, comme je t’avais demandé ?
Il paraît que ça porte chance.

Je ne pense qu’à toi,


                                                                                     

                                                                  Ton transi compagnon.
                      
                      

2-1-18: premier monstre: STIHL




Je me lève matin.

Le monstre issu d’un angle du mur de ma chambre a tellement grossi entre crépuscule et aube, il a tellement enflé et envahi l’espace à partir de l’angle que c’est à peine si ses bras, qu’on peut aussi qualifier de tentacules griffus, ne parviennent pas à me saisir la peau du cou quand je descends du lit, enfile mes chaussons et part appuyer sur le bouton de la bouilloire dans la cuisine, c’est une question vraiment de quelques centimètres – il faut à tout prix que je me débarrasse de ce monstre avant que ce monstre ne me déchiquète ou me charcute et torde les organes ou autre fin de mézigue plus sordide encore et dont je me passerais.

J’ai déjà songé scie, vous pensez, j’ai songé scie manuelle, ou taille-haie de marque allemande STIHL spécialiste en matériel de motoculture forestière, ou débroussailleuse de marque STIHL et aussi tronçonneuse de la même dite marque STIHL mais bon : quelle que soit la façon dont on le retourne le problème vous présente toujours identique figure – si on tranche dans le lard d’un monstre, on peut s’attendre à l’émission littérale de geysers d'un fluide orangé visqueux qui a certes peu en commun avec notre brave vieux sang humain mais partagent néanmoins avec lui, mis à part sa nature de liquide vital : son caractère maculatoire très mauvais pour tout ce qui est papier-peint, tapisseries, tapis et moquette, literie dont taies, couvre-taies et sous-taies, draps et alèse, couette et housse de couette sans parler du matelas, en bref on peut s'attendre à une salissure totale de toute la chambre tant et si bien qu’aucune société de nettoyage industriel ne voudrait ensuite se charger de l’affaire de remettre la pièce à neuf – outre que n’importe quel agent de n’importe quelle société s’évanouirait au premier pas à cause de l’odeur très très forte de bismuth le rapport investissement-profit serait trop faible – en sorte que je ne sais, quoi faire, peut-être vaudrait-il mieux somme toute que ce soit lui, le monstre, qui m'anéantisse, moi, dans la mesure où les soucis quotidiens domestiques qui nous pourrissent en général la vie, par exemple les monstres d'appartement, ont une nette tendance à disparaître comme magiquement dès que votre matière cérébrale et donc votre esprit sont réduits au plus pur appareil par l'événement de leur destruction concrète. 

14-10: Fékir est un vrai patron




Nabil Fékir est de retour.
Depuis le début de la saison il tient Lyon sur ses épaules. 
Sept buts et quatre passes décisives en neuf matchs.
Plus d’une fois par match, il change la donne.
Des statistiques exceptionnelles.
Mais au-delà des statistiques et du jeu c’est en tant qu’homme qu’il a changé de carrure.
En tant que meneur.
Dans cette équipe lyonnaise encore jeune c’est lui que les autres suivent.
Dès qu’on lui a confié le brassard de capitaine il a changé de dimension.
A l’origine Nabil Fékir possède plutôt une personnalité introvertie.
Mais on s’aperçoit cette année qu’il a en réalité l’étoffe d’un meneur.
C’est lui que les autres suivent, c’est lui que les autres écoutent.
Le capitanat lui va bien.
Il n'a pas besoin de parler fort. 
Sur le coup-franc Fékir a pris ses responsabilités.
A la dernière minute du temps additionnel.
Petit filet dans l’angle couvert par le gardien.
Illumination. Stade qui hurle Fékir. Le jeune Houssem Aouar dans les bras de Nabil Fékir.
Puis toute l’équipe qui s’embrasse et se réjouit.
Ah ils peuvent être content les lyonnais. 
Et c’est lui, c’est Nabil Fékir qui était venu chercher la faute.
Il dribble un premier joueur il dribble un deuxième joueur et là c’est la faute.
L’arbitre lève immédiatement le bras.
L’arbitre n’hésite pas une seconde.
Sur l’action qui mène au coup-franc Fékir a également pris ses responsabilités.
En allant provoquer jusqu’à obtenir la faute.
Mariano comprend très vite que Fékir va tirer ce coup-franc.
Il y a trois joueurs, trois lyonnais autour du ballon.
Trois tireurs potentiels.
Mariano Diaz, Memphis Depay et Nabil Fékir.
Mais c’est évident que Fékir va le tirer.
Car c’est son coup-franc, c’est lui qui a obtenu la faute, c’est lui qui va le tirer.
Mariano caresse la tête de Fékir ou lui donne une petite tape sur la nuque.
Il a compris que Fékir ne laissera à personne d’autre le soin de tirer ce coup-franc.
Pourtant Memphis reste là, à côté du ballon.
Alors que Fékir a été ferme. Il a dit ce qu’il avait à dire.
Il a dit C’est moi qui vais tirer ce coup-franc.
Ensuite on voit sur le ralenti le geste de Mariano.
Avant de s’effacer pour laisser tirer Fékir il caresse la nuque de Memphis.
Ou lui donne une petite tape sur la nuque. Pour qu’il accepte.
C’est Fékir qui va tirer ce coup-franc.
Memphis s’écarte.
Subasic le gardien monégasque anticipe côté mur.
Mais Fékir ne la brosse pas au-dessus du mur.
Il la tire dans l’angle du gardien.
Subasic a trop anticipé et se retrouve pris à contre-pied.
On peut se demander si Subasic n’aurait pas dû mettre un joueur de plus dans son mur.
Cinq joueurs au lieu de quatre.
Par exemple un joueur supplémentaire qui avance sur le tireur.
Les filets tremblent.
La balle est dedans.
A la 90ème plus quatre minutes.
Trois buts à deux.
Les monégasques n’ont plus aucun espoir de revenir.
C’est à peine s’ils ont le temps de jouer l’engagement.
Déjà l’arbitre siffle la fin.
La partie est gagnée.
Fékir est un vrai patron.
Et dire que certains ne le voyaient pas revenir à son meilleur niveau après sa terrible blessure. 



27-9: M. Jean-Pierre




         Il y a des jours où même un sexe de jeune fille sur coussin de fleur ne tenterait pas*, songe M. Jean-Pierre. Du coin de l’œil, il observe le sexe qui se trouve dans le salon. Le sexe ne bouge pas. M. Jean-Pierre passe devant le sexe, va à la fenêtre, l’ouvre, elle grince. Il se demande ce que mange un sexe de jeune fille sur coussin de fleur, d’ordinaire. Comme ses cigarettes ne veulent pas sortir du paquet, il se voit obligé de déchirer un peu plus l’emballage. Cela fait deux jours maintenant que les voisins lui ont laissé ce sexe (ils sont partis dans le sud, un week-end prolongé), sans lui donner de conseils. Vous saurez bien y faire, a dit le monsieur. On vous fait confiance, M. Jean-Pierre, a dit la dame. M. Jean-Pierre allume sa cigarette. Peut-être le sexe de jeune fille se nourrit-il tout seul. Une quinte de toux saisit M. Jean-Pierre. Bronchite chronique du fumeur, a dit la dernière fois son médecin, avec un sourire navré. M. Jean-Pierre lui a souri en retour, poliment. Peut-être le sexe de jeune fille veut-il une cigarette. M. Jean-Pierre propose une cigarette au sexe de jeune fille sur coussin de fleur qui ne lui répond pas, dont les lèvres rouge sombre ne frémissent pas. Le sexe, suppose M. Jean-Pierre, ira chasser des souris, des insectes, de petites bestioles dans l’appartement dès qu’il sera parti. M. Jean-Pierre écrase sa cigarette. Il pense à vider le cendrier mais ne le fait pas. Il se dit qu’il va aller faire un tour, respirer l’air frais dans la rue, laisser le sexe un peu tranquille.


*


Quand M. Jean-Pierre revient, le sexe a mangé ; une vague plénitude, une trouble rotondité le trahit. Une souris a dû se faire avoir, pense M. Jean-Pierre. C’est très bien, trouve-t-il, si ce sexe de jeune fille peut le débarrasser des souris, c’est toujours ça. Dehors, M. Jean-Pierre a acheté des fleurs. Pour le sexe. Des roses. Il les agite au-dessus du sexe. Il en a pris exprès des bien fatiguées. Elles lâchent leurs pétales qui glissent sur le sexe et viennent se mêler aux autres pétales du coussin de fleur. Je suis bien seul, se dit M. Jean-Pierre. Il jette les tiges pleines d’épines à la poubelle.


*


On annonce qu’on va licencier deux mille ouvriers. Le délégué syndical interviewé est gros, très pâle, il dit que c’est un scandale car l’entreprise a fait un bon chiffre d’affaire cette année. Que vont faire les deux mille ouvriers. Ils ont des femmes, des enfants. On revient au présentateur. Il a l’air grave ou désolé, entre les deux. C’est bien malheureux, dit-il sur un ton qui laisse penser que ça devait arriver de toute façon. Un jour ou l’autre. M. Jean-Pierre se tourne sur son canapé. Le sexe de jeune fille est immobile, on dirait une statue de petite taille. Qu’est-ce que tu en penses, toi, demande M. Jean-Pierre. Pas de réponse. Peut-être doit-il s’y prendre autrement. Qu’est-ce que vous en pensez, vous, demande M. Jean-Pierre. Le sexe ouvre les lèvres. Le capital a besoin de destruction, déclare le sexe de jeune fille sur coussin de fleur. Le capital détruit ici pour mieux faire du profit ailleurs. M. Jean-Pierre hoche la tête, lentement, comme une poupée allemande, ancienne. Il pense à sa retraite. Il espère qu’on la lui laissera jusqu’à la fin de sa vie. Il n’est sûr de rien, car tout change, tout va très vite.





*phrase trouvée chez Jean-Pierre George, Aucun rôle dans l’espèce, Tarabuste éditions.








9-6: poèmes très courts en forme de fragments de Vagner, Perros, Vialatte, Lovecraft, Durrel



YV

–– Ils les ont brûlées au lance-flamme,
constata Boris
avant de lâcher un juron fourni, compliqué et mauvais.

GP

Bach croit en Dieu (…)
Il y croit parce qu’il travaille, qu’il acquiesce au labeur quotidien.
Au point peut-être exagéré de faire pas mal de gosses.

AV

le viol et l’adjectif,
comme la baignade,
doivent cesser au premier frisson

HPL

de longues choses rampantes munies d’antennes veloutées 
et d’un millier de pattes tombent des tuyaux
comme des gouttes de sueur

LD

Les parents de Claude ont eu l’idée
de mourir d’un cancer
dans beaucoup de souffrance

20-5: poèmes très courts



Ensemble

Des prédateurs nocturnes
et chitineux
nous entouraient ; nous résolûmes
de leur jeter le petit.

Le jeu

On se prit au jeu :
chacun tua son âne.

Ponction VII

C’est la troisième fois que je la rate. Elle ne râle pas.
Soit elle est très gentille,
soit elle ne sent plus rien.

Anticipation

Leurs yeux rouges palpitaient. « Nous sommes 
les ambassadeurs », déclara mon compagnon,  
tandis que je gardais les mains
serrées sur mon arme.

Encore

« Encore, encore », lui dit-il
sans réaliser
que c’était fini.

14-5: poèmes très courts en forme de fragments de Lainé, Aldiss, Vialatte, Ellison, Hardellet



SL

J’emporte mon arme de poing – elle pourrait abattre
un éléphant en plein vol,
paraît-il.

AH

J’en ramasse un                           [un marron d’Inde]
que j’introduis dans ma poche-revolver
et que je retrouverai un jour ratatiné, terni, minable,
tel une couille de petit vieux.

BA

Les restrictions sur les voyages étaient si grandes,
la révision des livres d’histoire poussée si loin,
l’endoctrinement des enfants si méticuleux
qu’il était presque impossible de savoir
où l’on était dans le monde. 

HE

– La vie est pleine de petites déceptions.
– Tu me rends triste.
– La vie est pleine de petites déceptions.

AV

les mouches à tête rouge, au ventre noir
rayé de blanc, s’astiquent les pattes de devant
comme un couteau de boucher, d’un geste
plus rapide que celui des machines


11-5: poèmes très courts en forme de fragments de Carpentier, Evenson, PAG, Hardellet, Bolaño



BE

Le bûcheron secoua la tête.
« Dieu n’a pas de hache comme celle-ci »,
dit-il.

PAG

C’est quand les monstres arrivent
que je suis le plus content

RB

Ecrire mal,
parler mal,
disserter sur des phénomènes tectoniques
au milieu d’un dîner de reptiles

AC

le cri mélismatique
d’un géant noir
qui porte un panier de calmars
sur la tête


AH

Les archives sont gardées nuit et jour par les Brigades de Sécurité,
dont on connaît les méthodes pour entretenir le bon esprit civique.
Ce déploiement de forces et de précautions
apparaît peu proportionné
avec la convoitise des cambrioleurs ou des espions :
qui risquerait sa peau pour apprendre, par exemple,
combien de rousses sont passées rue Nathalie-Sarraute
pendant la journée du 3 juin 1984 ?

14-4: poèmes très courts en forme de fragments de Bioy, Scute, Fante, Nabokov, Walser





JF

Mon patron conduisait le camion. Ses bras étaient tatoués.
Il portait des polos jaunes moulants. Ses muscles saillaient.
Il les caressait comme une fille lisse ses cheveux.

VN

vibrato spinal (…)
noirs scrotums de carnassiers (…)
continents stupéfiés (…)

RW

Je humai ses doigts, brûlant et stupide,
on est toujours stupide quand on a chaud

LS

Je courais par tout le village en criant :
« J’ai baisé Brigitte, j’ai baisé Brigitte ! »
Et ce n’était pas vrai.

ABC

L’amour de la mécanique
et des sciences naturelles
nous entraîne parfois
sur des pentes abominables.

12-4: poèmes très courts en forme de citations de JR



J R I

Il n’y a qu’un moyen, un seul,
d’attraper un poisson à la main :
c’est de le saisir par les ouïes. 

J R II

Le ventre maintenant à nu, gonflé, veiné
(comme un beau mollet de femme
un peu lacé de bleu)
fumait légèrement
en perdant sa chaleur.

J R III

une large crotte liquide,
brune,
glaireuse

J R IV (citant P)

Quand on ouvrit son cadavre, on vit qu’il avait le cœur
plus gros que la normale,
et couvert de poils

J R V

C’était de l’alcool pur.
Mais Nina l’avala d’un trait sans sourciller :
preuve, ajoutait mon père, de son intrépidité.


20-2: La théorie de Wagner et Pavlićev explique qu’il y ait des femmes anorgasmiques. (OF 7)



Pour le Dr  Elizabeth Lloyd.

Ce n’est pas de leur faute.

Ce n’est pas qu’elles s’y prennent mal.

Ce n’est pas qu’elles ne connaissent pas bien leur corps.

Ce n’est pas une question de compétence sexuelle.

C’est à cause de l’évolution.

La théorie de Wagner et Pavlićev est donc déculpabilisante.

Trouve le Dr Elizabeth Lloyd.

De l’université d’Indiana.

Et le Dr Elizabeth Lloyd va même plus loin.

Si Wagner et Pavlićev ont raison pense-t-elle l’orgasme féminin va disparaître.

A terme.

Comme tous les vestiges de l'évolution.

Car les vestiges s’effacent.

Dans le futur il n’y aura plus d’orgasmes.

Pense le Dr Elizabeth Lloyd.

Nous vivrons dans de grandes structures mobiles intersidérales bleues.

Ce sera une autre époque.

L’espace sera froid.

13-2: Le clitoris a dû voyager. (OF 6)



Chez les mammifères primitifs le clitoris est dans le vagin.

A l’intérieur.

Ce qui est tout de même pratique.

Chez les mammifères plus récents comme nous-mêmes le clitoris est dehors.

Au cours de notre évolution le clitoris s’est éloigné de plus en plus du vagin.

Jusqu’à se trouver hors d’atteinte du pénis inséré.

Günter Wagner explique ce déplacement de façon concise.

« Il ne faudrait pas que l’ancien signal envoie du bruit. »

« Au mauvais moment. »

Le clitoris a perdu sa fonction à cause de l’ovulation spontanée.

Il préfère alors se mettre hors-jeu.

Pour ne pas créer de parasites.

Tout est question d’information.

Envoyer les bonnes informations.

Au bon moment.

Cependant le clitoris conserve un contact avec le vagin.

Le clitoris a des nerfs.

Ces nerfs aboutissent à l’intérieur du vagin.

Ces nerfs sont comme des tentacules.

Qui se rejoignent dans une sorte d’éponge nerveuse.

Cette éponge se nomme le point G.

A cause du docteur Ernst Gräfenberg.

Le point G se situe sur la paroi antérieure du vagin.

Derrière l’os du pubis.

Entre le fond et l’entrée du vagin il faut s’arrêter à quatre centimètres.

Environ.

Cela varie selon les femmes.

Toutes les femmes ne sont pas faites pareilles.

Le clitoris dans son voyage a donc dévidé une pelote de nerfs.

Comme un fil d’Ariane.

Dans le labyrinthe.

Cette pelote dévidée relie le clitoris au vagin.

Ce qui est étonnant.

Du point de vue de la science.

On peut se demander pourquoi le clitoris s’accroche ainsi.

Au lieu de s’en aller tout à fait.

De se rétracter et de disparaître.

Comme le voudrait Darwin.

09-2: Pour le Dr Elizabeth Lloyd de l’université d’Indiana Wagner et Pavlićev ont raison. (OF 5)



L’orgasme est un vestige.

Un vestige du temps où nous étions mammifères primitifs.

« L’orgasme est aux femmes ce que les tétons sont à l’homme. »

Pense le Dr Elizabeth Lloyd.

De l’université d’Indiana.

06-2: Mais la science n’a pas dit son dernier mot. (OF 4)



D’ailleurs la science ne dit jamais son dernier mot.

C’est le principe de la science.

Deux chercheuses viennent de mettre au point une nouvelle théorie.

Sur la raison secrète de l’orgasme féminin.

Ces deux chercheuses s’appellent Mihaela Pavlićev.

Et Günter Wagner.

La plupart des revues scientifiques évoquent deux chercheuses.

Cela dit Günter est un prénom masculin.

Il est donc possible que Günter Wagner soit un homme.

Ou une femme avec un prénom d’homme.

Rien n’est sûr.

Pour Wagner et Pavlićev l’orgasme féminin est un vestige.

L’orgasme féminin est un vestige évolutionnaire d’un ancien système.

Cet ancien système était présent chez nos ancêtres mammifères primitifs.

Il est toujours présent chez certains mammifères d’aujourd’hui.

Par exemple le lapin.

Dans ce système l’orgasme provoque d’importantes décharges hormonales.

Qui permettent et actionnent l’ovulation.

Les humains et les primates n’ont plus besoin de ce système.

Ils ont évolué.

Chez eux désormais l’ovulation est spontanée.

L’ancien système persiste pourtant.

D'après Wagner et Pavlićev.

On le voit à travers un certain nombre de signes.

Perceptibles au moment de l’orgasme.

Il y a ainsi accroissement du rythme cardiaque.

Au moment de l'orgasme.

Mais aussi tension neuromusculaire. 

Augmentation de la pression artérielle.

Dilatation des vaisseaux sanguins.

Gonflement des lobes des oreilles.

Gonflement des lèvres.

Accélération de la respiration.

Sécrétion d’une substance muqueuse par la matrice. 

Conscience abolie.

Frissons et tremblements.

Distorsions.

Spasmes et secousses.

Ebranlement.

Tétanie.

Sensation de fonte de la peau et des muscles.

Commotion électrique.

Mouvements cloniques du bassin.

Parfois pâmoison complète.

Syncope.

Pressentiment de mort.







31-1: Les femmes n'ont pas besoin d'orgasmes (OF3)


Aux yeux de la science.

Mais les femmes ont quand même des orgasmes.

Or rien n’est gratuit.

Aux yeux de la science.

Rien n’est gratuit et tout arrive en raison d’une raison.

Si les femmes ont des orgasmes il y a donc une raison secrète.

Une raison qu’on ne voit pas.

C’est intrigant.

Il faut chercher.

Il faut proposer des théories.

On en propose un certain nombre.

On suppose par exemple que les femmes sont d’anciens garçons.

La machinerie sexuelle des femmes aurait la même origine que celle des garçons.

Embryons mâles et femelles se développent similairement.

Durant les huit premières semaines.

Les voies nerveuses sont encore souples.

Ouvertes à différents types de réflexes.

Dont l’orgasme.

Ensuite les garçons deviennent garçons et les femmes femmes.

Mais les femmes gardent un souvenir du temps qu’elles étaient aussi garçons.

L’orgasme est un souvenir.*

Ou alors on suppose que l’orgasme féminin est une adaptation évolutive.

L’orgasme vise à promouvoir la fidélité.

Grâce à l’orgasme la femme choisit le partenaire le plus adapté.

L’orgasme est un outil (inconscient) de sélection génétique**

Ou bien encore l’orgasme est une technique visant à retenir le sperme dans la matrice.

Quand une femme a un orgasme elle garde mieux le sperme de son partenaire.

Ce qui favorise la conception.***



Ces théories sont plus ou moins anciennes.

Aucune d'entre elles n'est parvenue à s'imposer.

Pour l’essentiel on est dans le flou.





*théorie défendue notamment par le docteur Donald Symons
**théorie défendue notamment par le docteur John Alcock
***théorie défendue notamment par les docteurs Robin Baker et Mark A. Bellis